Petite anthologie puisée dans les Mandements ou Ordonnances des Évêques de France.

L’art si difficile de bien enseigner le catéchisme aux enfants…
Mgr de Cormont
Le meilleur Catéchisme est le plus ancien et le mieux connu.
Mgr Freppel
Définition.
Mgr Freppel, Mandement du 28 mars 1875, Angers (1875)
Le Catéchisme est le manuel de l’enfance chrétienne : c’est dans cet abrégé de la doctrine, expliqué et interprété par les ministres de Dieu, qu’elle doit apprendre la vérité religieuse et morale. Dès le moment où elle devient capable de saisir la valeur des mots, où elle commence à se familiariser avec les signes de la pensée, on lui met entre les mains ce petit livre qui contient en substance tout que l’homme doit croire et pratiquer pour arriver à ses fins dernières. Rédigé par demandes et par réponses, sous la forme la mieux appropriée à un enseignement élémentaire, le Catéchisme est destiné à graver dans l’esprit de l’enfant les dogmes et les mystères de la foi, en même temps qu’il l’initie aux devoirs qui seront sa règle de conduite. C’est à comprendre et à retenir le texte de ce livre, que le jeune chrétien exerce tout d’abord son intelligence, et qu’il consacre les premiers efforts de sa mémoire ; et cela est de toute justice, la religion étant le premier et le dernier mot de la vie.
Chose merveilleuse, N. T. C. F. [Nos Très Chers Frères], et qui montre à quel point l’Église sait respecter l’intelligence humaine. À peine l’esprit de l’enfant s’est-il ouvert aux lumières de la connaissance, qu’elle s’empresse de lui enseigner les plus hautes vérités de la foi. Ce n’est pas elle qui voudrait jamais ajourner une instruction à laquelle toute créature humaine a droit, quels que soient son âge et sa condition. Car, pour l’Église catholique, la vérité n’est pas le privilège de quelques-uns, mais le patrimoine de tous. Ces mêmes dogmes qui émerveillent la science et le génie, elle les met à la portée des petits et des ignorants. À quelque niveau que s’arrête l’esprit de l’enfant, la religion descendra vers lui pour l’élever jusqu’à elle : dès le bas âge, elle lui fera bégayer d’abord, comprendre et admirer ensuite ces sublimes doctrines qui remplissaient d’admiration les Augustin et les Thomas d’Aquin. Il n’est pas d’intelligence si infime, qu’elle n’estime assez pour la faire entrer en partage de la vérité, pour lui enseigner, sous la forme qui lui convient, les dogmes de la Trinité, de l’Incarnation, de l’Eucharistie, de la vision béatifique ; et le symbole de foi que professe l’enfant de nos écoles primaires, n’a pas un article de moins que celui du plus grand théologien. C’est avec ce respect et cet amour des âmes qu’on traite l’humanité, lorsqu’on a reçu de Dieu la mission de la conduire à ses fins.
Le Catéchisme a cet avantage particulier, qu’il résume les vérités de la foi dans des formules nettes et précises, assez courtes pour s’imprimer profondément dans l’esprit, et assez pleines néanmoins pour offrir un thème de réflexion à toutes les intelligences.
Tradidi vobis quod et accepi.
« Je vous ai transmis ce que j’ai moi-même reçu. » (I Cor. 15, 3)
Mgr Germain, Mandement du 19 mars 1898, Rodez (1910)
Il ne faut rien moins qu’une impérieuse nécessité réclamée par des circonstances exceptionnelles, pour se décider à toucher aux vieilles formules, passées dans la mémoire de tous, « qui ont acquis par un usage constant, comme le disait Mgr Bourret (1871-1896), quelque chose pour ainsi dire de sacramentel ».
Mgr Dombideau de Crouseilhes, Mandement du 11 août 1814, Quimper (1839)
Le moyen le plus sûr d’atteindre cet objet de notre sollicitude pastorale (l’instruction des fidèles), était d’adopter les Catéchismes qui avaient été publiés par nos prédécesseurs pour les différentes parties qui composent aujourd’hui le diocèse de Quimper.
Les habitants des campagnes y trouveront la facilité d’être les premiers instituteurs religieux de leurs enfants. Nos respectables Coopérateurs, dont les travaux sont si excessifs trouveront aussi un grand soulagement dans cette partie si importante et si pénible de leur ministère.
Mgr Freppel, Mandement du 28 mars 1875, Angers (1875)
L’œuvre de nos vénérables prédécesseurs nous a paru si bonne, que nous n’avons eu garde d’y toucher que pour y porter encore plus de clarté et de précision, s’il était possible.
Mgr Ricard, Mandement du 8 déc. 1912, Auch (1912)
Une œuvre de telle importance (refondre et compléter l’ancienne édition) doit être mûrie longuement, préparée avec sagesse et rédigée avec une attention minutieuse.
Mgr Boyer, Mandement du 15 août 1888, Clermont (1888)
Nous avons profité de cette circonstance pour apporter à ce manuel élémentaire et si nécessaire de la doctrine et des pratiques chrétiennes, certaines améliorations justement désirées ; mais Notre préoccupation constante, au cours de cette révision, a été de respecter les textes anciens, parce que, en matière d’enseignement populaire, l’innovation est toujours fatale.
Un Catéchisme n’est jamais mieux compris et mieux retenu que lorsque les formules et les termes sont ceux mêmes que les générations précédentes ont appris et transmis à leurs descendants.
Et c’est là, précisément, notre heureux privilège : le Catéchisme du diocèse de Clermont est, en substance, aujourd’hui encore, ce qu’il était au siècle dernier.
Lorsque, en 1815, Mgr Duvalk de Dampierre (1802-1833) abandonna le Catéchisme, dit de l’Empire, « trop long et trop difficile à retenir », il eut, en effet, la sage pensée d’adopter le Catéchisme de Mgr de la Garlaye (1743-1775), qui avait été complété, à la fin du siècle, par Mgr de Bonnal (1776-1800), et dont le souvenir avait été religieusement conservé au soin des familles.
« Dans le Catéchisme de Mgr de Bonnal, disait alors Mgr de Dampierre, Nous avons pris textuellement les articles qui manquaient dans celui de Mgr de la Garlaye, Nous contentant d’établir en peu plus d’ordre dans la disposition des matières ».
Ce Catéchisme fut enseigné dans le Diocèse pendant cinquante ans.
Et quand, en 1863, Mgr Féron (1833-1879), de douce mémoire, dut en donner une nouvelle édition, il disait à son tour : « Nous sommes heureux de profiter du travail que Nous a légué Notre vénérable prédécesseur, et d’en conserver, avec un religieux respect, la plus grande partie, Nous bornant aux simples modifications que les besoins nouveaux ont pu rendre nécessaires ou opportunes ».
On peut donc dire que notre Catéchisme actuel est encore celui qu’ont étudié et appris les générations qui se sont succédé dans nos paroisses depuis près d’un siècle et demi.
Ce fait si consolant s’est révélé à Nous par ses heureuses conséquences, dès Nos premières visites pastorales. En interrogeant les enfants, à l’église, il Nous arriva souvent de lire sur les lèvres des parents, sur les lèvres des vieillards, les réponses qu’allaient donner les jeunes confirmands ; et ces réponses, dont les vieillards se souvenaient, étaient celles que les pères et les mères, au dire de Mgr de Dampierre, enseignaient, de son temps et sous ses yeux, à leurs petits enfants.
Il y a donc là pour Nous un avantage précieux qu’il importe de conserver soigneusement.
C’est pourquoi Nous nous sommes fait une loi de suivre le sage exemple de nos deux vénérés Prédécesseurs ; heureux, Nous aussi, de contribuer pour Notre part, à ce que les générations de l’avenir puissent étudier le même Catéchisme qu’apprirent les ancêtres.
Un livre enrichi.
Mgr Gieure, Mandement du 1er mars 1912, Bayonne (1915)
Ne soyez pas surpris si les Évêques ont le continuel souci de vous donner un Catéchisme plus perfectionné. On l’a dit, aucune prédication ne lui est comparable ; c’est la meilleure manière d’apprendre la religion, non seulement aux enfants, mais encore aux personnes de tout âge.
Notre-Seigneur Jésus-Christ, durant sa vie publique, ne fut pas autre chose qu’un bon et parfait catéchiste. Il eût pu composer des discours sublimes ; il fait des catéchismes très simples à ses Apôtres, à ses disciples. Il appelle les petits enfants : « Laissez venir à moi les petits enfants, s’écrie-t-il ; et, les embrassant, il leur imposait les mains et les bénissait » (Marc. 10, 14).
À leur tour, les Apôtres font le catéchisme : « ils se font tout petits avec les petits, comme une mère tendre en use avec son nourrisson » (Gal. 4, 19).
À leur suite, les grands évêques, les grands saints exercent cette fonction de catéchiste, comme de toutes la plus importante et la plus enviée. Saint Grégoire de Nysse, saint Augustin, saint Jérôme, saint Vincent Ferrier, saint François Xavier, saint François de Sales, saint Vincent de Paul, de nos jours le saint curé d’Ars, n’ont été que des catéchistes.
Si Notre-Seigneur Jésus-Christ, si les Apôtres, si les plus illustres docteurs de l’Église, si les saints ont ainsi marqué l’estime qu’ils professaient pour ce mode d’enseignement, parents chrétiens, vous jugerez qu’il est de votre devoir le plus étroit d’obliger vos enfants à fréquenter assidûment le catéchisme.
Et vous, messieurs et très chers collaborateurs, vous montrerez à tous que cette fonction, qui paraît humble et modeste aux yeux du monde, est en réalité la plus noble, la plus honorable, puisque le catéchiste a pour mission d’élever, d’instruire les enfants mêmes de Dieu et de préparer leurs destinées éternelles. Entendez d’ailleurs la parole de Notre-Seigneur : « Qui fecerit et docuerit, hic magnus vocabitur in regno cœlorum » (Matth. 5, 19). C’est la récompense promise à ceux qui, avec zèle et dévouement, auront enseigné la doctrine de l’Évangile.
Un livre unique.
Mgr Freppel, Mandement du 28 mars 1875, Angers (1875)
Nul plus que nous, catéchistes, n’y est intéressé ; et quand l’Église ne craint pas de placer entre les mains de l’enfant ce livre à la fois sublime et populaire qui apprend à l’homme d’où il vient, où il va et par où il doit marcher, ce bréviaire de la doctrine, qui est la Bible aussi, qui est la Bible encore, mais la Bible éclaircie, formulée, résumée, rendue accessible à tous ; quand elle respecte assez cette intelligence à peine éclose pour l’initier à un ensemble de faits et d’idées que Platon et Cicéron ne soupçonnaient même pas, et qui, depuis dix-huit siècles, ont transporté d’enthousiasme les plus puissants génies, elle n’entend pas que cet abrégé de la théologie chrétienne demeure pour personne une lettre close et une énigme indéchiffrable.
Card. Donnet, Mandement du 22 février 1885, Bordeaux (1887)
On retrouvera, dans ce livre, l’esprit, les paroles mêmes de nos prédécesseurs, dont nous avons tant à cœur de perpétuer le souvenir au milieu de vous.
Quel autre ouvrage que celui que nous vous offrons, embrasse, dans un cadre plus logique, avec des formules plus simples, en si peu de mots, autant de lumières, autant de notions sur le Créateur, sur l’homme, sur son origine, sa fin, ses devoirs et ses destinées ? C’est pour avoir oublié qu’on ne pouvait rien substituer à ce livre, que, préoccupés du malaise qui gagne les sociétés, tant d’esprits sont allés demander à d’imprudentes combinaisons ce que leur offraient les premiers éléments de notre foi.
Stérile labeur, qui n’a enfanté jusqu’à ce jour que de désolantes théories et des actes plus coupables encore ! Que ces hommes recourent à leur Catéchisme, et ils s’étonneront d’avoir cherché ailleurs une solution que la religion de Jésus-Christ a donnée depuis dix-huit siècles à tous leurs problèmes. Avec la prière et les Sacrements, par lesquels nous arrivent la force et le pardon, avec les trois vertus qui s’appellent la foi, l’espérance, et la charité, nous sécherons plus de larmes, nous fermerons plus de blessures qu’avec tous les systèmes, toutes les utopies qu’on s’efforce de substituer aux simples et immuables maximes qui ont éclairé notre enfance.
Mgr Germain, Mandement du 19 mars 1898, Rodez (1910)
Il y a quelques années, l’indifférence religieuse était le grand mal du temps. Cette indifférence nous a conduits aux ténèbres ; et à l’heure présente, malgré des aspirations généreuses vers l’idéal divin, notre génération, dépourvue des notions premières des vérités religieuses, semble s’égarer de plus en plus comme un navire sans boussole sur un océan agité.
Mgr Germain, Mandement du 19 mars 1898, Rodez (1910)
Il est une science qui explique les autres, qui les dépasse toutes par sa profondeur et par son importance : c’est celle de la destinée de l’homme et de la voie qui y conduit.
À quoi te sert de connaître toutes les choses, dit l’auteur de l’Imitation, si tu t’ignores toi-même – et quel avantage l’homme retire-t-il pour son bonheur, de ses travaux, si après avoir connu toutes les sciences, il demeure incertain sur son origine, sa nature, sa loi, sa fin dernière, sur les questions essentielles dont la solution importe le plus à la direction de sa vie ?
C’est cette science que nous vous proposons, à l’étude de laquelle nous vous convions et dont les notions premières et fondamentales sont contenues dans le Catéchisme.
Mgr de Gain-Montagnac, Mandement du 1er mai 1785, Tarbes (1857)
Honorés comme nous le sommes de la succession de l’Apostolat, et chargés spécialement de travailler au salut de vos âmes, nous avons cru que le moyen le plus sûr pour remplir les devoirs de notre Ministère et procurer la gloire de Dieu, était de vous donner une connaissance exacte de la religion et des vérités qu’elle renferme. Sans cette connaissance, les ténèbres de l’erreur prévalent sur la lumière de la foi ; la raison s’égare, l’esprit s’obscurcit, le cœur se corrompt, l’impiété domine, et le monde n’est plus qu’un affreux chaos de vice et de libertinage, où chacun se formant un Dieu selon ses idées, l’adore selon son caprice.
Le livre par excellence.
Mgr Gieure, Mandement du 1er mars 1912, Bayonne (1915)
Nous souvenant que le Catéchisme est par excellence le livre de la famille, celui que l’on consulte et que l’on étudie sans cesse, Nous avons mieux aimé lui laisser un peu d’ampleur, afin de rendre possible et aisée une science plus complète de notre sainte religion…
En un mot, Nous avons cherché à faire du Catéchisme le livre par excellence de l’enfant, le livre auquel il s’attachera, que plus tard il relira avec attendrissement, le livre qu’il ne pourra plus oublier, dont il répétera les formules au déclin de la vie. Il en est qui gardaient ce livre comme une relique, témoin chéri de leurs premières joies, de leurs premières émotions, de leurs plus doux souvenirs.
Mgr de Marguerye, Mandement du 23 sept. 1866, Autun (1866)
Le Catéchisme, qui devrait être le manuel de toute la vie est mis, hélas ! trop tôt en oubli après la première communion. Donnez à ce précieux recueil une place d’honneur dans votre bibliothèque, relisez-en de temps à autre quelques pages en famille ; ce sera le moyen de réparer les lacunes que les années feraient dans votre mémoire et dans celle de vos enfants. Vous y retrouverez avec bonheur ce que Dieu a bien voulu nous manifester sur son auguste nature, ses attributs sacrés, sa miséricorde pour les pécheurs, son infinie bonté que nous devons reproduire envers nos frères autant que l’humaine faiblesse peut le permettre. Vous retrouverez encore dans votre origine les titres d’une noblesse divine qui vous oblige à vous rapprocher de la sainteté de Celui qui vous fit à son image, et dans vos fins dernières de puissants encouragements à supporter les labeurs d’une vie qui s’écoule au milieu des épreuves, mais qui peut vous conduire à la possession d’une gloire et d’un bonheur éternels. En faisant passer sous vos yeux les trésors de grâce renfermés dans la prière et les sacrements, cette pieuse lecture vous invitera à y puiser les forces surnaturelles qui vous feront triompher des obstacles, vous aideront à remplir vos devoirs et à mériter la récompense qui couronnera votre persévérance et votre fidélité. C’est ainsi que vous vous sanctifierez vous-mêmes et que vous donnerez chaque jour, à l’exemple de l’Apôtre, une vie nouvelle à vos chers enfants, jusqu’à ce que vous ayez formé pour toujours en eux Jésus-Christ, notre maître et notre modèle. « Mes petits enfants, pour qui j’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous ! » (Gal. 4, 19).
Mgr Germain, Mandement du 19 mars 1898, Rodez (1910)
Acceptez ce petit livre, donnez-lui au foyer une place d’honneur. Gardez-le comme le plus précieux de tous les héritages ; avec le crucifix et la prière, il suffit à tout, il explique tout, il nous soutient dans la vie, il jette sur la mort les clartés les plus douces. Relisez-le, expliquez-le à vos enfants, qu’il soit l’ami de tous les foyers. Sans le Catéchisme l’avenir est pour nous un sujet d’épouvante. Le Catéchisme, bien appris, bien compris, suffit pour nous promettre des générations honnêtes parce qu’elles seront chrétiennes, une France telle que la rêve notre patriotisme et notre foi.
Mgr Languet de Gergy, Mandement du 14 oct. 1716, Soissons (1724)
Nous vous mettons à cet effet entre les mains cet abrégé qui renferme tout à la fois tout ce que la foi propose de Mystères, tout ce que la piété inspire de sentiments, et tout ce que les vertus chrétiennes exigent de pratiquer. Ce sont ces trois choses que Nous nous sommes appliqués à renfermer dans ce petit volume ; persuadés, que si c’est un devoir indispensable aux Pasteurs d’instruire les enfants, ce devoir ne se borne pas à éclairer leurs esprits par la connaissance des vérités de la foi, mais qu’ils doivent encore s’étudier à consacrer leur cœur par la ferveur de la charité, et à former leurs mœurs par la pratique de la vertu. Devoir d’autant plus pressant, que ces jeunes cœurs ne sont pas moins susceptibles des semences de la piété que de celles de la science, et qu’il ne leur est pas moins important d’apprendre à aimer Dieu, qu’à l’adorer et à le connaître.
Un livre urgent.
Mgr Freppel, Mandement du 28 mars 1875, Angers (1875)
Oui, il faut que tous, petits et grands, sachent lire et graver dans leurs cœurs ce livre qui obtient pour chacun la règle de la foi et des mœurs. Voulez-vous savoir, N. T. C. F., ce que pensent de l’utilité et de l’excellence du Catéchisme ceux-là même qui ont le malheur de ne pas mettre leurs actes d’accord avec leurs pensées ? Écoutez l’un des hommes qui ont le plus marqué, à notre époque, dans la philosophie et dans les lettres : « Il y a un petit livre qu’on fait apprendre aux enfants, et sur lequel on les interroge à l’église ; lisez ce petit livre, qui est le Catéchisme, vous y trouverez une solution de toutes les questions que j’ai posées, de toutes sans exception. Demandez au chrétien d’où vient l’espèce humaine, il le sait ; où elle va, il le sait ; comment elle y va, il le sait. Demandez à ce pauvre enfant, qui, de sa vie, n’y avait songé, pourquoi il est ici-bas, et ce qu’il deviendra après sa mort, il vous fera une réponse sublime qu’il ne comprendra pas, mais qui n’en est pas moins admirable. Demandez-lui comment le monde a été créé et à quelle fin ; pourquoi Dieu y a mis des animaux, des plaines ; comment la terre a été peuplée ; si c’est par une seule famille ou par plusieurs ; pourquoi les hommes parlent plusieurs langues ; pourquoi ils soufflent ; pourquoi ils se battent, et comment tout cela finira, il le sait. Origine du monde, origine de l’espèce, question des races, destinée de l’homme en cette vie et en l’autre, rapports de l’homme avec Dieu, devoirs de l’homme envers ses semblables, droits de homme sur la création, il n’ignore rien ; et quand il sera grand, il n’hésitera pas davantage sur le droit naturel, sur le droit politique, sur le droit des gens ; car tout cela sort, tout cela découle avec clarté, et comme de soi-même, du Christianisme. » (Jouffroy. Mélanges philosophiques, du Problème de la destinée humaine, p. 455)
Card. Donnet, Mandement du 22 février 1885, Bordeaux (1887)
Tout entiers à la recherche des biens de ce monde, plongés dans un matérialisme qu’on peut appeler l’adoration des sens, ils ont besoin qu’on leur prouve que tout ne meurt pas avec le corps et qu’il y a quelque chose au-dessus des richesses, des honneurs, des plaisirs d’ici-bas ; la tâche est rude : c’est toute une révolution à opérer. Il faut se hâter de prendre la Croix d’une main, le Catéchisme de l’autre ; et si l’on ne vient pas nous entendre à l’église, portons les enseignements de la Religion au sein même de l’atelier, sur le sillon du laboureur et jusqu’au milieu du tumulte des camps. Si nos mœurs ne nous permettent plus de rechercher sur la place publique l’ignorant ou le pécheur, et d’y dresser la chaire évangélique, comme on le fait encore dans d’autres parties du monde chrétien, mettons-nous à la conquête individuelle des âmes.
Ce fut en suivant cette marche que, dans l’espace de deux siècles, la Foi se trouva maîtresse du monde. Aux mêmes moyens, les mêmes résultats ; aux mêmes luttes, les mêmes triomphes.
Le Christianisme n’a pas eu pour berceau les basiliques de Saint-Pierre de Rome ou de Notre-Dame de Paris, mais les bords solitaires de la mer de Galilée. Que l’évêque, que le prêtre se souviennent du jour où il fut dit à Simon, à André son frère, à Jean et à Jacques. « Vous êtes des pêcheurs de poissons ; suivez-moi, je vous ferai devenir des pêcheurs d’hommes » (Matth. 4, 19).
Mgr Boyer, Mandement du 15 août 1888, Clermont (1888)
Si on réussissait à élever l’enfance sans religion et sans croyances, « ce serait, a-t-on dit, préparer la plus profonde révolution sociale qui ait jamais été effectuée dans notre pays ». Et on a dit vrai.
Exhortation.
Mgr Ricard, Mandement du 8 déc. 1912, Auch (1912)
Avec quel amour vous allez le prendre en main, vous, frères bien-aimés (les prêtres), établis pour être « la lumière du monde » (Matth. 5, 14) ! Il faut que, par vous, ce petit livre règne dans nos paroisses et que les pieuses industries de votre zèle le fassent partout connaître, accepter et aimer ; vous ne voudrez pas avoir de repos que vous ne lui ayez donné la place d’honneur au sein de nos familles.
Et vous, parents chrétiens, vous aurez à cœur de lui assurer au foyer l’autorité qu’il doit exercer sur vous et sur vos enfants. Il sera votre conseiller le plus sage, votre ami le plus vrai et le plus fidèle. Un foyer où règne le Catéchisme est plus que béni de Dieu, il est honoré des hommes, parce que, presque toujours, le ciel se plait à faire tomber sur ce foyer les faveurs qui font les familles prospères.
Quant à vous, petits enfants, chers enfants auxquels nous devons donner la vie de la grâce, vous aimerez ce Catéchisme que nous avons fait pour vous ; il sera le premier livre mis en vos mains, le premier confié à votre mémoire, le premier qui fixera votre attention et préparera pour vous l’avenir qui commence.
Mgr Bouvier, Mandement du 29 avril 1838, Le Mans (1856)
Les prospérités humaines s’évanouissent comme des ombres : la foi, les vertus chrétiennes qui en découlent, et les récompenses impérissables de la vie future, sont les seuls biens durables, dignes de nous, que nous devons préférer à tout.
Voilà, pères et mères, ce que vous devez rechercher pour vous, souhaiter à vos enfants et leur laisser en héritage. Le surplus, quelqu’avantageux qu’il soit n’est qu’accessoire. Faites donc instruire vos enfants d’une manière proportionnée à votre condition et à leur avenir dans le monde ; c’est un devoir pour vous : mais veillez par-dessus tout à ce qu’ils soient instruits des vérités religieuses et ne s’en écartent jamais dans leur conduite. Travaillez-y vous-mêmes, selon votre pouvoir, et donnez-leur l’exemple. Nulle raison ne peut vous dispenser d’accomplir cette grave obligation, et Dieu vous en demandera un compte sévère.
Mgr Boyer, Mandement du 15 août 1888, Clermont (1888)
Le livre du Catéchisme est utile à tous les âges de la vie ; mais c’est à vous, spécialement, que votre Évêque le confie.
Aimez-le, ce Catéchisme, parce qu’il vous enseigne la vérité ; respectez-le, parce qu’il vous parle au nom de Dieu ; pratiquez-le, parce qu’il vous trace la voie qui mène au bonheur !
Et puis, chers petits enfants, quand vous serez devenus grands, conservez bien votre Catéchisme : ne vous en séparez jamais. Ce petit livre vous rappellera le temps heureux de votre première enfance, les beaux jours de votre première Communion et de votre Confirmation ; et si, alors, vous étiez tentés de n’être plus sages, ou si vous vous trouviez accablés par les peines de la vie, la seule vue de votre Catéchisme vous fortifierait, vous consolerait, parce qu’elle vous redirait ce que vous avez appris autrefois, à savoir : qu’il suffit, pour être heureux en ce monde, de faire son devoir et d’être en paix avec Dieu !
Card. Fesch, Mandement du 6 oct. 1814, Lyon (1850)
Accueillez, N. T. C. F., les enfants qui viennent à vous avec les sentiments paternels de Jésus-Christ pour eux. Recherchez avec une vive sollicitude ceux qui ne se présentent pas. Triompher de leur indocilité, et de la criminelle indulgence de certains pères et mères, par une sainte et infatigable industrie. Ne cessez de les poursuivre que lorsque vous les aurez ramenés à vous. Si vous leur témoignez de la tendresse et de l’empressement à les instruire, ils prendront tous confiance en vous et aimeront à vous entendre. Vos instructions toujours préparées dans l’oraison, toujours faite avec précision et clarté, seront pour eux des traits de lumières et des langues de feu ; tous recevront vos oracles avec le même respect et la même avidité avec lesquels les juifs recueillirent ceux de saint Jean-Baptiste sur les rives du Jourdain, et ceux du Fils de Dieu sur la montagne et dans le désert, où les délices du Pain de vie leur firent oublier la nourriture terrestre.
Faites en sorte, N. T. C. F., que, par vos sages précautions, la connaissance de leurs devoirs prévienne dans les enfants celle du mal, et que l’amour de la vertu étouffe en eux les germes du vice et réprime les impressions funestes des mauvais penchants ; couvrez de vos ailes protectrices ces jeunes plantes ; que la contagion du scandale ne parvienne pas jusqu’à elles ! Quelle sera la reconnaissance de cette portion chérie de votre troupeau lorsqu’à un âge plus avancée elle reconnaîtra tout le prix de vos services, et goûtera les douceurs de cette paix qui n’aura été ni altérée par le désordre, ni troublé par aucune funeste habitude ! De quelle édification ne seront pas dans vos paroisses ces heureux élèves ! Quelles consolations n’éprouverez-vous pas vous-mêmes, en voyant ainsi prospérer, par la grâce de Dieu, les fruits de vos travaux ! Quels méritent n’auriez-vous pas acquis pour le ciel !
Vous le savez, N. T. C. F., le moyen le plus efficace de réformer une paroisse, est de s’attacher principalement à sanctifier la génération naissante. La vie sainte des enfants attire sur les familles les bénédictions du Très-Haut, et opère plus d’une fois la conversion des parents ; mais combien il est difficile de ramener véritablement à Dieu ceux qui, depuis la tendre enfance, ont croupi dans l’ignorance et ont vécu dans le dérèglement ! Ah ! Quelle sera, au jour des vengeances, le sort des Pasteurs qui auront laissé périr leurs ouailles faute d’instruction ou de vigilance ! Mais nous connaissons votre attachement à vos devoirs et votre zèle à les remplir : nous n’avons pas cette crainte pour vous.
Mgr Micolon de Guérines, Mandement du 15 août 1826, Nantes (1826)
Il nous reste, N. T. C. F., à vous conjurer, par la charité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de vous appliquer sérieusement à développer, à éclaircir et à faire goûter aux enfants, dont le salut vous est confié, les vérités qu’il renferme ; à suppléer par une ingénieuse charité à la faiblesse de leur intelligence, et surtout à consacrer leurs cœurs à l’amour de ce divin Sauveur, en même temps que vous formerez leur esprit à la connaissance de ses mystères.
Mgr Languet de Gergy, Mandement du 14 oct. 1716, Soissons (1724)
Nous nous bornons aujourd’hui à vous conjurer, par la bonté que Jésus-Christ a témoignée pour les petits enfants, et par tout ce qu’il a fait pour leur salut et pour le nôtre, de vous appliquer sérieusement et constamment à l’instruction de ces petits à qui le royaume des cieux est destiné (Marc. 10, 14). Mais de vous y appliquer dans l’esprit dans lequel Nous avons composé ce Catéchisme ; c’est-à-dire, dans la vue de leur faire goûter les vérités que vous leur enseignez, de consacrer leur cœur par l’amour de Jésus-Christ en formant leur esprit par la connaissance des Mystères.
Prière.
Mgr Freppel, Mandement du 28 mars 1875, Angers (1875)
Nous déposons cette nouvelle édition du Catéchisme diocésain aux pieds de Jésus-enfant, le divin protecteur et le modèle des jeunes âmes qui devront se nourrir de ces sublimes vérités pour y trouver la lumière, la force et la vie.