Second Catéchisme,
pour ceux qui sont plus avancés dans la connaissance des mystères, et que l’on commence à préparer à la première Communion.

Extrait du (grand) Catéchisme du diocèse de Meaux, par J.-B. Bossuet.
En matière d’enseignement populaire, l’innovation est toujours fatale.
Mgr Boyer
Abrégé de l’Histoire Sainte.
[Cette Histoire Sainte de Bossuet a été reprise par beaucoup de diocèses.]
Au commencement de ce second Catéchisme, on fera aux enfants un récit en abrégé de l’Histoire Sainte, à peu près selon la forme qu’on va mettre ici. Le curé le pourra étendre et le diviser en autant de discours ou de leçons qu’il avisera par sa prudence. Mais, par toutes sortes de moyens, il tâchera de le faire entrer bien avant dans l’esprit des enfants, en le leur faisant de la manière la plus vive et la plus insinuante, et avec les caractères les plus marqués et les plus sensibles qu’il pourra ; en le leur répétant souvent, et leur en faisant répéter tantôt une partie, tantôt une autre ; même le faisant apprendre par cœur à ceux qui auront assez de mémoire pour cela ; se souvenant toujours que rien ne s’insinue mieux dans les esprits, et n’y fait plus d’impression que les narrés, et qu’il n’y a rien de meilleur que d’y insérer la doctrine, comme Dieu l’a fait faire à Moïse et aux Évangélistes.
I. La création du monde et celle de l’homme.
Au commencement et avant tous les siècles, de toute éternité, Dieu était ; il était Père, Fils et Saint-Esprit, un seul Dieu en trois personnes. Esprit bienheureux et tout-puissant. Parce qu’il est bienheureux, il n’a besoin de rien hors de lui-même ; et parce qu’il est tout-puissant, il peut créer tout ce qu’il veut. Ainsi rien n’existait que Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit ; tout le reste que nous voyons et que nous ne voyons pas était dans le néant.
Dieu créa donc au commencement le ciel et la terre, les êtres visibles et invisibles, la substance spirituelle et la substance corporelle, l’ange aussi bien que l’homme. Dieu commanda et tout sortit du néant à sa parole. Il n’eut qu’à vouloir, et aussitôt tout fut créé, et chaque chose rangée à sa place ; la lumière, le firmament, le soleil, la lune, les astres, la terre et la mer, les plantes, les animaux, et enfin l’homme.
Dieu créa l’homme à son image et à sa ressemblance, en lui donnant une âme capable d’intelligence et d’amour ; et il voulut qu’il fut éternellement heureux s’il s’appliquait tout entier à connaître et à aimer son Créateur ; en même temps, il lui donna la grâce de pouvoir le faire. Le bonheur éternel de l’homme devait être de posséder Dieu qui l’avait créé. S’il n’eût point péché, il n’eût point connu la mort, car Dieu avait résolu de le conserver immortel en corps et en âme.
II. La chute d’Adam et le Sauveur promis.
Dieu créa pareillement la femme. Il appela l’homme Adam et la femme Ève, et il voulut que tout le genre humain naquit de ce premier mariage. Il mit nos premiers parents dans le paradis ; c’était un jardin délicieux. Et pour montrer qu’il était leur Souverain, il leur donna un commandement, qui fut de ne pas manger du fruit d’un certain arbre. Dieu appela cet arbre l’Arbre de la science du bien et du mal : le bien était de demeurer soumis à Dieu, et le mal devait paraître si l’homme désobéissait au commandement divin. L’homme avait été créé bon et saint ; mais il n’était pas pour cela incapable de péché, ni absolument parfait. Le démon le tenta ; il désobéit à Dieu, et mangea le fruit défendu. Aussitôt Dieu prononça son arrêt de mort ; et, par un juste jugement, son péché devint le péché de tous ses enfants, c’est-à-dire de tous les hommes. Il fut assujetti à la puissance du démon, parce qu’il s’était laissé vaincre ; et Dieu le chassa de son paradis. Mais en même temps, touché de pitié, il lui promit que de sa race naîtrait un Sauveur par qui l’empire du démon serait détruit, et l’homme délivré du péché et de la mort : c’est le Christ ou le Messie, qui devait naître au milieu des temps.
III. La corruption du monde et le déluge.
Les hommes, ainsi corrompus dès leur origine, devenaient plus méchants à mesure qu’ils se multipliaient. Caïn, l’un des fils d’Adam, tua son frère Abel le juste, dont il était jaloux ; et sa postérité imita ses crimes. Dieu donna Seth à Adam au lieu d’Abel. La connaissance et le service de Dieu se conservèrent dans la famille de Seth, jusqu’à ce que cette famille bénie s’étant mêlée avec celle de Caïn, méchant et maudit, tout le genre humain fut corrompu. Alors Dieu résolut de faire périr tous les hommes par un déluge, en réservant seulement Noé avec sa famille, afin de repeupler de nouveau la terre. Avant que d’envoyer le déluge, Dieu ordonna à Noé de faire un grand bâtiment de bois, qu’on appela l’Arche, et il y renferma Noé avec sa famille, et des animaux de toutes les espèces. Les eaux s’élevaient par toute la terre jusqu’à couvrir les plus hautes montagnes. L’Arche, protégée de Dieu, voguait au-dessus. Noé en sortit quand la terre fut desséchée, un an après qu’il y était entré. La première chose qu’il fit fut d’élever un autel et d’offrir à Dieu un sacrifice en action de grâces.
IV. L’ignorance et l’idolâtrie répandues par toute la terre ; la vocation d’Abraham ; les promesses et l’alliance.
La terre se repeupla d’hommes et d’animaux et toutes les nations descendent des trois fils de Noé : Sem, Cham et Japhet. En s’éloignant des commencements, les hommes oubliaient Dieu qui avait fait le ciel et la terre, et les avait faits eux-mêmes. On adora les créatures où l’on vit quelque chose d’excellent comme les astres, le ciel, les hommes extraordinaires ; et l’idolâtrie commença à se répandre par tout l’univers. La véritable religion ne laissait pas de se conserver avec le souvenir de la création du monde : les hommes se la transmettaient les uns aux autres. Mais, de peur qu’avec le temps elle ne se perdit tout à fait au milieu de tant de corruption, Dieu appela le patriarche Abraham, né de la race de Sem ; il fit alliance avec lui en lui promettant d’être son Dieu et le Dieu de sa postérité, à condition que ce patriarche et ses descendants lui seraient constamment fidèles. La circoncision fut établie comme le sceau de l’alliance. Abraham fut introduit dans la terre de Chanaan que Dieu lui promit de donner à sa postérité. C’est la terre que nous appelons la Judée, la Palestine, ou la Terre sainte. Dieu y voulait être servi par les descendants d’Abraham. Pour combler ce patriarche de ses grâces il lui promit de nouveau le Sauveur du monde qui devait naître de sa race et par lequel toutes les nations de la terre, après s’être longtemps égarées, devaient retourner un jour au vrai Dieu qui avait fait le ciel et la terre, les hommes et les animaux.
Dieu confirme son alliance et la promesse du Christ qui devait venir à Isaac, fils d’Abraham, et à Jacob, son petit-fils. Il donne à Jacob le nom d’Israël. Abraham, Isaac et Jacob vécurent dans la Palestine, sans y avoir de demeure fixe. Leur vie était simple et laborieuse ; ils nourrissaient de grands troupeaux. Dieu bénissait leur travail parce qu’ils le servaient et ils étaient respectés des princes et des habitants du pays. Jacob eut douze enfants, qu’on appelle les douze patriarches, c’est-à-dire les premiers pères des Israélites et la tige de leurs douze tribus. C’est de là que sont sortis les Israélites et on les appelle aussi les Hébreux.
V. Le peuple de Dieu captif en Égypte et délivré par Moïse.
Une famine universelle obligea Jacob à quitter la terre de Chanaan pour se retirer avec ses enfants dans l’Égypte qui n’en était pas éloignée. Tout abondait en Égypte par la prévoyance de Joseph, un des fils de Jacob, et celui qu’il aimait le mieux ; mais il croyait l’avoir perdu et l’avait pleuré comme mort, il y avait déjà longtemps. Cependant Dieu l’avait conservé miraculeusement ; et Pharaon, roi d’Égypte, lui avait donné tout pouvoir dans son royaume. Jacob reçu en Égypte par ce moyen s’y établit avec sa famille ; et là, prêt à expirer, il bénit ses enfants, chacun en particulier. Parmi tous ses enfants, Juda devait être le plus célèbre. C’était du nom de Juda que la Palestine devait un jour tirer son nom et devenir la Judée. De ce même nom tous les Hébreux devaient aussi un jour être appelés Juifs. Jacob, en bénissant Juda, lui annonça la gloire de sa postérité et lui prédit que le Christ naîtrait de sa race.
La famille de Jacob devint un grand peuple ; elle conserva la foi des patriarches, et servit le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob que l’Égypte, plongée dans l’idolâtrie, ne connaissait pas. Cependant un autre Pharaon monta sur le trône et ne se souvint plus des services de Joseph. La jalousie de ce prince et de ses sujets leur fit prendre la résolution d’exterminer les Hébreux. Dieu les sauva de leurs mains sous la conduite de Moïse par des prodiges inouïs. L’Égypte fut frappée de dix terribles fléaux, qu’on appelle les dix plaies d’Égypte. L’eau des rivières fut changée en sang ; les grenouilles remplirent toutes les maisons ; des mouches de diverses sortes pénétraient partout et ne laissaient aux Égyptiens aucun repos ; Dieu envoya des épidémies terribles sur les hommes et sur les animaux ; la grêle ravagea les moissons dont les restes furent dévorés par des sauterelles qui couvraient la face de la terre ; toute l’Égypte fut couverte de ténèbres épaisses, on ne se connaissait plus ; enfin, Dieu envoya son ange qui en une nuit fit mourir tous les premiers-nés des Égyptiens, depuis le fils du roi jusqu’au fils de la servante. Pharaon cette fois écouta la voix de Dieu et laissa sortir les Israélites. La mer Rouge s’ouvrit devant eux pour leur faire un passage, et, un peu après, ils virent flotter sur les eaux le corps de Pharaon et ceux de ses soldats qui les poursuivaient : ceux-ci s’étaient repentis d’avoir obéi à Dieu ; c’est pourquoi Dieu les fit périr sans miséricorde.
VI. Le peuple dans le désert ; la Loi ; l’entrée dans la Terre promise ; Josué, David, Salomon ; le temple ; le schisme de Jéroboam ; la captivité de Babylone ; les prophéties ; l’attente du Christ.
Les Israélites errèrent quarante ans dans le désert ; mais Dieu les protégeait. La manne tomba du ciel pour les nourrir ; un rocher, frappé par la verge de Moïse, leur fournit des eaux en abondance. Dès le commencement, Dieu leur apparut sur le mont Sinaï avec une démonstration étonnante de sa majesté et de sa puissance, au milieu des éclairs et du tonnerre ; il écrivit de son doigt les dix Commandements, qu’on appelle le Décalogue, sur deux tables de pierre, et leur donna la loi sous laquelle ils devaient vivre dans la terre de Chanaan, jusqu’à la venue du Christ.
Le temps était arrivé où Dieu avait résolu de donner aux Israélites la terre promise à leurs pères. Moïse, leur législateur, les mena jusqu’à l’entrée de cette terre : Josué les y introduisit, et la partagea entre douze tribus. Dieu enfin suscita David qui en acheva la conquête : la royauté fut établie dans sa famille. Dieu lui promit que le Christ sortirait de lui. Aussi David était-il de la tribu de Juda dont le Messie devait naître, selon l’oracle de Jacob. David chanta dans ses psaumes les merveilles du Sauveur qui devait venir : il en vit la figure dans la personne de Salomon, son fils et son successeur. Durant le règne de Salomon, le temple fut bâti dans Jérusalem et cette sainte cité fut la figure de l’Église chrétienne. Salomon ne fut pas fidèle à Dieu ; aussi son royaume fut divisé sous Roboam, son fils et son successeur. Des douze tribus, il y en eut dix qui se séparèrent du temple et de la famille de David, à qui Dieu avait donné le royaume. Jéroboam fut le chef de ces rebelles ; c’est la figure des schismatiques, qui se séparent de l’Église. Dieu les rejeta, et le nom en est aboli. Ceux qui demeurèrent fidèles obéirent à la tribu de Juda. Mais les Juifs oublièrent souvent le Dieu de leurs pères, et leurs infidélités leur attirèrent divers châtiments. Après les impiétés d’Achaz et de Manassès, rois de Juda, Dieu appela Nabuchodonosor, roi de Babylone, pour punir les ingratitudes de son peuple. Jérusalem fut détruite, le temple réduit en cendres, et tout le peuple mené captif à Babylone. Mais Dieu se souvenait toujours de ses anciennes miséricordes et des promesses qu’il avait faites à Abraham, Isaac et Jacob. Aussi, après soixante-dix ans de captivité, il ramena son peuple dans la terre de ses pères : Jérusalem fut réparée, et le temple rétabli sur ses ruines. Cyrus, roi de Perse, fut choisi de Dieu pour accomplir cet ouvrage. Esdras et Néhémie y travaillèrent sous les ordres des rois de Perse. Durant plusieurs siècles, Dieu ne cessa d’envoyer ses prophètes qui reprenaient le peuple et fortifiaient les serviteurs de Dieu dans son culte. En même temps, ils prédisaient le règne éternel et les souffrances du Christ, et le peuple de Dieu vivait dans cette attente.
VII. La venue de Jésus-Christ, sa prédication, sa mort, sa résurrection, son ascension, sa toute-puissance.
Cependant, le monde vivait dans les ténèbres, et Dieu n’était connu qu’en Judée, par le plus petit peuple de l’univers. L’heure bienheureuse était arrivée où le Christ promis devait venir. Dieu envoya au monde son propre Fils : le Verbe de Dieu se fit homme. La nouvelle de sa prochaine venue fut annoncée à Marie, qui devait être sa mère, et néanmoins toujours vierge. Elle crut : le Christ, Fils de Dieu, fut conçu dans ses entrailles. Il naquit à Bethléem ; il fut circoncis et nommé Jésus, c’est-à-dire Sauveur. Il croissait en obéissant à Marie sa mère, et à Joseph son père nourricier. À l’âge d’environ trente ans, il fut baptisé par saint Jean-Baptiste ; il prêcha dans la Judée, et il annonça l’Évangile, c’est-à-dire la bonne nouvelle ; et cette bonne nouvelle, c’est la rémission des péchés et la vie éternelle pour ceux qui croiraient en lui et vivraient selon les préceptes de la loi nouvelle qu’il prêchait. Pour jeter les fondements de son Église, il appela ses douze Apôtres, dont saint Pierre fut établi le chef par Jésus-Christ. Cependant la jalousie des pontifes, des pharisiens et des docteurs de la loi s’élevait contre lui, parce qu’il dénonçait leurs erreurs et leur hypocrisie. Enfin il fut crucifié sur le Calvaire, auprès de Jérusalem, entre deux voleurs. Les Juifs continuèrent à l’outrager au milieu de son supplice ; et comme il demanda à boire, on lui présenta une éponge trempée dans du fiel et du vinaigre. Tout ce qui était écrit de lui dans les psaumes et dans les prophéties fut accompli ; il expira sur la Croix ; son corps fut mis au tombeau ; son âme sainte descendit dans les enfers, où elle délivra les âmes des justes qui y étaient détenues, et se réunit à son corps le troisième jour. Ce jour même, Jésus-Christ ressuscité se fit voir à ses disciples incrédules. Ils voient, ils touchent ses plaies, ils y enfoncent leurs doigts et leurs mains, ils sont convaincus. Durant l’espace de quarante jours, Jésus-Christ leur parle, il les instruit ; il envoie ses douze Apôtres par toute la terre pour y être les fondateurs des Églises chrétiennes et la source de tous les pasteurs qui les devaient gouverner jusqu’à la fin du monde ; enfin, après leur avoir promis d’être toujours avec eux jusqu’à la fin des siècles, il monte aux cieux en leur présence. Là, il est assis à la droite de son Père, et toute puissance lui est donnée dans le ciel et sur la terre.
VIII. Descente du Saint-Esprit et établissement de l’Église.
Cinquante jours après Pâques, le jour de la Pentecôte, Notre-Seigneur envoya le Saint-Esprit qu’il avait promis. Les Apôtres, remplis de force, prêchent par tout l’univers Jésus-Christ ressuscité, et la rémission des péchés en son nom et par son sang. En peu de temps ils remplissent tout l’univers de l’Évangile et répandent leur sang pour en confirmer la vérité. L’empereur Néron, le plus infâme et le plus cruel des tyrans, fut le premier persécuteur de l’Église, et il fit mourir à Rome les Apôtres saint Pierre et saint Paul. Aussitôt après cette première persécution, la guerre commença contre les Juifs qui avaient excité l’Empire romain contre les Saints, et avaient livré les Apôtres aux empereurs. Jérusalem fut détruite, le temple fut consumé par le feu, les Juifs périrent par le glaive. Alors ils ressentirent l’effet de ce cri poussé contre le Sauveur : « Son sang soit sur nous et sur nos enfants ! » (Matth. XXVII, 25) La vengeance de Dieu les poursuit et partout ils sont captifs et vagabonds. Cependant le monde, corrompu par l’idolâtrie et par toutes sortes de vices, apprend à mener une vie nouvelle. L’Église, persécutée durant trois cents ans, souffre sans murmurer, et tout l’univers s’unit en vain pour la détruire. La sainteté de ses enfants et la constance de ses martyrs édifient et convertissent tous les peuples. Au temps que Dieu avait résolu de lui donner du repos, il suscita Constantin, empereur romain, son serviteur, qui embrassa publiquement le christianisme. Les rois de la terre devinrent les enfants et les défenseurs de l’Église ; et, selon les anciennes prophéties, elle s’établit par toute la terre. Les hérésies prédites par Jésus-Christ et par les Apôtres s’élèvent : tous les mystères de la foi sont attaqués les uns après les autres ; la foi ne fait que s’affermir et s’éclaircir davantage. Par la sainte doctrine et l’administration des Sacrements, l’Église produit toujours des saints qui demeurent inconnus au monde. Cependant chaque siècle est illustré par quelque exemple d’une sainteté éclatante. Au milieu des tentations et des périls, les chrétiens attendent la résurrection générale le jour où Jésus-Christ reviendra dans sa majesté pour juger les vivants et les morts.
Pour imprimer ce récit dans l’esprit des enfants, il est bon de leur faire retenir les noms de ceux dont Dieu s’est principalement servi ; parce que l’expérience fait voir que la suite de l’Histoire Sainte, comme attachée à ces noms, se conserve mieux dans la mémoire. On pourra donc faire ces demandes ou d’autres semblables.
Quel est le créateur du ciel et de la terre ?
Dieu éternel, Père, Fils et Saint-Esprit, un seul Dieu en trois personnes.
Quel est le premier homme que Dieu a créé ?
C’est Adam.
Et la première femme ?
C’est Ève.
Sont-ce là nos premiers parents ?
Oui. Adam et Ève sont nos premiers parents.
Que nous ont-ils transmis ?
Le péché et la mort.
Quel est le premier de tous les justes qui est mort dans la grâce ?
C’est Abel, que son frère Caïn tua par jalousie.
Quel autre enfant Dieu donna-t-il à Adam à la place d’Abel ?
Il lui donna Seth, dans la famille duquel la connaissance de Dieu se conserva.
Comment est-ce que Dieu punit la corruption universelle du monde ?
En envoyant le déluge.
Est-ce qu’il n’y avait point de juste sur la terre ?
Il y avait le juste Noé.
Quelle grâce Dieu lui fit-il ?
Il le conserva dans l’Arche, lui et sa famille.
Par qui fut repeuplé le monde ?
Par les trois enfants de Noé, qui sont Sem, Cham et Japhet.
Avec qui Dieu fit-il d’abord alliance ?
Avec Abraham.
De qui est-il descendu ?
De Sem.
Qui appelez-vous les patriarches ?
Abraham, Isaac son fils, Jacob fils d’Isaac, et ses douze enfants.
Quel autre nom à Jacob ?
Il s’appelle aussi Israël ; et c’est de lui que sont sortis les Israélites, c’est-à-dire le peuple de Dieu.
D’où sont sorties les douze tribus d’Israël ?
De ces douze enfants de Jacob.
Quel est celui de ces douze enfants de Jacob dont Jésus-Christ devait naître ?
C’est Juda.
Où est-ce que les Israélites furent captifs dans le commencement ?
En Égypte, où leurs pères s’étaient réfugiés pendant une famine universelle.
De qui Dieu se servit-il pour les délivrer de cette captivité ?
De Moïse.
Par qui Dieu a-t-il donné la loi aux anciens Hébreux ?
Par le même Moïse.
Qui les a introduits dans la Terre promise ?
C’est Josué.
Qui a achevé la conquête de cette terre ?
Le roi David.
De quelle tribu était-il ?
De celle de Juda.
Quelle promesse particulière reçut-il de Dieu ?
Que le Christ ou le Messie sortirait de sa race.
Qui a bâti le temple de Jérusalem ?
Salomon, fils de David, un des ancêtres de Jésus-Christ.
Que nous figure le temple ?
L’Église catholique, où Dieu veut être servi.
Sous quel roi est-ce que dix tribus se séparèrent du temple ?
Sous Roboam, fils de Salomon.
Qui fut l’auteur de ce schisme ?
Jéroboam, dont le nom est demeuré infâme dans tous les siècles.
Que nous figure cela ?
Les hérésies et les schismes.
À quelle tribu s’attachèrent les Israélites qui demeurèrent fidèles ?
À la tribu de Juda, dont le Christ devait sortir.
Jésus-Christ est-il attendu par le peuple juif ?
Oui, il était attendu, et il a été prédit par Moïse, par David dans ses psaumes, et par les Prophètes.
De qui est-il fils ?
Il est fils de Dieu dans l’éternité et de la Vierge Marie dans le temps.
Qui sont ceux qu’il a appelés pour établir son Église ?
Les douze Apôtres.
Qui est le premier des douze Apôtres ?
C’est saint Pierre.
Qui lui a donné cette primauté ?
Jésus-Christ lui-même.
D’où sont venus tous les évêques et tous les pasteurs de l’Église ?
Des douze Apôtres.
Qui est le premier persécuteur de l’Église ?
C’est Néron, le plus cruel et le plus infâme de tous les tyrans.
Par qui commença-t-il la persécution ?
Par les Apôtres saint Pierre et saint Paul.
Où leur fit-il souffrir le martyre ?
À Rome même.
Quel est le premier prince qui ait fait publiquement profession du christianisme ?
C’est l’empereur Constantin.
Le curé ou le catéchiste pourra ici raconter la conversion de Constantin ; la Croix qui lui apparut dans le ciel avec ces paroles : « En celle-ci tu vaincras » ; la victoire qui s’en ensuivit et comme la religion chrétienne fut embrassée et exaltée par cet empereur.
Il pourra aussi raconter succinctement et à diverses reprises, pour ne point trop charger en une fois la mémoire des enfants, que le premier évêque qui a prêché 1’Évangile en ces pays, a été saint Denys, envoyé par le pape qui était alors ; que saint Denys confirma l’Évangile par son martyre ; que c’est de là qu’est venue une longue suite d’évêques, par la grâce de Dieu, tous catholiques ; que la nation des Français étant entrée dans ces pays, Clovis, un de ses rois, gagna une grande bataille, en invoquant Jésus-Christ ; qu’il fut baptisé par saint Rémi, archevêque de Reims, avec tous les Français ; qu’il se fit à leur conversion une infinité de miracles, par où la foi catholique fut tellement affermie, que depuis ce temps elle n’a jamais été altérée, et que depuis douze cents ans nos rois et tout ce royaume a toujours été catholique, uni à l’Église romaine et au successeur de saint Pierre.
Que le catéchiste ne croie pas avoir perdu son temps, en imprimant ces choses dans l’esprit des enfants car par ce moyen il leur donne une idée générale de la religion et les attache au corps de l’Église catholique.
De la Doctrine chrétienne.
[Plan chez Bossuet des cinq parties de la Doctrine chrétienne :]
Première partie Qui contient une instruction générale, et les premiers principes de la religion. Six leçons.
Seconde partie Qui contient les instructions particulières sur chaque vertu théologale, et particulièrement sur la foi. Douze leçons : de la foi et du Symbole des Apôtres.
Troisième partie Quatre leçons : de l’espérance et de la prière.
Quatrième partie Sept leçons : des Commandements de Dieu et de l’Église.
Cinquième partie Deux leçons : des Sacrements.
Puis trois instructions particulières :
– 1. sur le Sacrement de Pénitence (neuf leçons) ;
– 2. sur le Sacrement de l’Eucharistie (six leçons) ;
– 3. sur le Sacrement de Mariage (une leçon).
[À la place du texte de Bossuet, notre Éloge des Catéchismes diocésains.]